Le Racing Club de Lens vient d’écrire en lettres de sang et d’or son nom au palmarès de la Coupe de France, une première dans l’histoire du club artésien qui fête cette saison ses 120 ans d’existence.
C’est aux dépens de Nice que Lens a conclu ce vendredi 22 mai 2026 une saison (presque) parfaite, et ce en se défaisant de son adversaire azuréen sur le score de trois buts à un, à Saint-Denis. Au tableau d’affichage du Stade de France, les artisans du sacre ch’timi se nomment Florian Thauvin, Odsonne Édouard et Abdallah Sima. Les Lensois ont proposé le festin attendu devant leurs près de 50.000 supporters, contre 15.000 Maralpins seulement présents en tribune. Distances, ferveurs et contextes sportifs avaient largement expliqué ce gouffre numérique dans les semaines précédant la rencontre. Dans la continuité des dynamiques diamétralement opposées, la fête fut parfaite pour ceux à qui on l’avait promise. Qu’auraient-ils pu espérer de mieux, les hommes de Pierre Sage ? Peut-être s’éviter de trembler avant le retour aux vestiaires, lorsque Djibril Coulibaly réduisait la marque (45+3′)… et ainsi ressusciter l’espoir niçois, plus proches que jamais de l’égalisation lorsque Mendy heurtait la barre à l’heure de jeu. Il était écrit que Puel, l’ancien lillois, devrait ruminer sa frustration. Et Lens jubiler.
On entendait chanter Les Corons de Bachelet, hymne désigné du club depuis la disparition du chanteur, on salua également la mémoire des 86 victimes des attentats du 14 juillet 2016, perpétrés à Nice. Ce bel instant de communion donna lieu à une autre Marseillaise – après celle protocolaire orchestrée devant le président de la République -, qui pris des accents de Lensoise. Mais l’intention était là fort louable, dans un instant qui s’inscrivait au-delà de toute considération politique. Cela ne put néanmoins pas faire oublier aux Niçois le but inscrit quelques minutes plus tôt par Sima, lequel scellait le sort de la partie. Une saison piteuse, une saison bien trop longue ; l’agacement des vaincus s’était illustré à la pause dans le comportement vindicatif de quelques supporters à l’endroit de Lensois installés dans les loges des tribunes intermédiaires. Le Gym ne devra pas traîner trop longtemps sa gueule de bois ; et pour cause, un barrage crucial pour sa survie en Ligue 1 l’attend déjà face à Saint-Étienne… En 2002, Nice rejoignait l’élite (qu’il n’a plus quittée depuis). La même année, Lens vivait lui l’une des plus grandes désillusions sportives de son histoire avec la perte du titre lors de l’ultime journée, à Lyon. L’un avait ri, l’autre pleuré. En descendant en Ligue 2, les Rouge et Noir auraient toutefois beaucoup plus à perdre qu’un titre… Ce n’est pas aux Lensois que l’on peut dire le contraire, eux qui ont connu les affres de l’antichambre pendant trop longtemps. Dans la mémoire, le souvenir du barrage perdu à Dijon en 2019, et ces grands gaillards dont on voyait les larmes couler… peut-être celles de petits-fils ou arrière-petits-fils de mineurs…
Aujourd’hui, la mélodie est autre puisque nous évoluons au rythme des quatre saisons de la vie, et c’est une liesse populaire rare qui s’est emparé du peuple Sang et Or, notamment lors de la présentation du trophée dans les rues ensoleillées de Lens, dès samedi. La marée avait des airs de 1998, date du premier et seul titre de champion de France du Racing… L’ancien président Martel était déjà là, lui l’historique dont les yeux rougis nous ont forcément ému sur les écrans de l’enceinte dyonisienne. Et cela ne semble être que le début. Le meilleur est encore à venir pour le Racing qui va prochainement disputer la prestigieuse Ligue des Champions. Florian, Robin, Ismaëlo, Mezian et les autres auront à cœur de maintenir vive la lueur des étoiles qui scintillent dans le regard de Gervais. Et de tous ceux qui ne rêvent plus désormais.
A.B.
Rapport complet de la rencontre sur le site de la Fédération Française de Football