[Volley-Élite] Valéria Vaki, demain tout (re)commence

La Tahitienne préférée des Sénonais ne vêtira plus les couleurs du SOC au sein du collectif Élite, une décision qui marque la fin d’une ère pour le club et ses sympathisants. L’aventure Vaki se poursuivra néanmoins ; en réserve pour Valéria… et en Élite, avec dans son sillage sa fille, la déjà très prometteuse Vaiteani.

 

Vaki, le courage pacifique

Après huit années passées sous les couleurs du Sens Olympique Club, il ne fait aucun doute que l’emblématique capitaine des lionnes aurait mérité une sortie plus solennelle que celle proposée par la saison 2019-2020 – stoppée prématurément le 7 mars. Cette fin discrète semble toutefois correspondre au caractère d’une joueuse humble et toujours dans la simplicité. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer la native de Papeete quitter le vestiaire – à Dupêchez comme à Roger Breton – pour se joindre à l’habituelle collation d’après-match, fendant timidement la foule de fidèles supporters qui guettent son sourire, à l’affût d’un bref échange. Si vous ne la connaissez pas, prenez le temps de lire son visage et voir comment ses bonnes ondes ont pu avoir un rôle de catalyseur depuis son arrivée dans le nord de l’Yonne. La première impression est souvent la bonne, paraît-il… Sur le terrain, la Tahitienne sait prouver son caractère afin que l’écueil psychologique ne prenne jamais l’ascendant sur ses partenaires. Ce trait, elle l’ajoute à des qualités physiques et un courage caractéristiques, lesquels collèrent parfaitement à sa tunique et son poste de libero pour cette ultime saison.

Valéria Vaki arrive à Sens à l’âge de 26 ans, alors que le club évolue en Nationale 2 (équivalent du quatrième échelon national). Cette saison-là, les protégées de Vincent Roche écrasent le championnat avec une seule défaite au compteur. Résultat, les Sénonaises accèdent à la division supérieure et profitent d’une fusion des championnats DEF et Nationale 1 pour désormais appartenir à l’antichambre de la première division.  S’il serait audacieux d’évoquer un « effet Vaki », son expérience passée chez les pros de Istres et en équipe de France a largement contribué à hisser le SOC au même niveau que l’autre équipe phare du département, l’AJ Auxerre – son pendant masculin au football.

 

Histoires de familles et coups de fil(et)

Bien que l’objectif du maintien s’imposa lors de la première saison du club en Élite, le volley sénonais pouvait nourrir d’autres ambitions par la suite, à en juger par la qualité de son effectif, composé des Barborková, Boum, Gates. Etc. Les quatre prochaines saisons virent les lionnes toucher du doigt l’objectif playoffs, avant d’échouer de justesse lors de chacun des exercices. Sens trop faible pour les playoffs, Sens trop fort pour les playdowns : une amère symphonie. En 2019, la délivrance arrive enfin lorsque les lionnes se défont de Saint-Dié-des-Vosges à Paron. Le SOC écrit la plus belle page de son histoire avec un groupe composé de… sept joueuses tahitiennes* ! Cette particularité, le président Plisset la doit bien sûr à sa filière polynésienne, activée par sa meilleure ambassadrice dans l’Yonne, a.k.a. « maman Vaki ».

Lors du bel exercice 2018-2019 des filles de Johann Guille, le retour de Kahaia Tauraa (déjà présente au club en 2013) fut moteur pour arriver à ce 2 février 2019, date à laquelle Valéria Vaki pouvait savourer avec sa maman au club, l’indéboulonnable Claudine Roche (vice-présidente du club), ou encore Cassandra Séguin, l’une des filles du cru (aujourd’hui à Calais). Oui, le SOC se veut être une famille, et il en offre sa meilleure illustration le 3 novembre 2018 lorsque Valéria (33 ans) et Vaiteani (14 ans) sont alignées ensemble pour la première fois, face à Saint-Cloud (Paris SF).  À ce niveau de la compétition, la situation est unique en son genre… et la jeune fille n’occupe pas un rôle de figurante, s’étant même ouvert les portes des sélections jeunes de l’équipe de France. Une précocité de famille.

Alors qu’elle observait sa mère quelques mois plus tôt depuis son poste de ramasseuse de balles, Vaiteani Vaki s’est levée et élevée, de façon aussi soudaine que discrète. Son ascension fulgurante lui laisse entrevoir les Jeux olympiques de Paris en 2024. Début mars, c’est d’ailleurs aux portes de Paris- à Villejuif – que Valéria échangea sans le savoir ses dernières balles. Comme un passage de relais.

Māuruuru Valéria !

A.B.

*(Tehei Labaste Tehea Labaste, K.Tetuanui, Valeria Vaki, Vaiteani Vaki, K.Tauraa, H.Tauraa)

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